Chercheuse en Joie

Être au monde

par | Mar 20, 2026 | Le jeu de la Vie

Il y a un an, jour pour jour, j’ai trouvé ce que je cherchais : j’ai découvert cet « Être » dont parlent les sages.

Depuis, je suis passée – en apparence – par de nombreuses phases. Pendant plusieurs mois, les objets et les formes de ce monde manifesté me glissaient dessus. J’observais tout de cet espace, avec amusement. Même mes peurs me mettaient, d’une certaine façon, en joie : la joie d’être ; la joie de vivre cette expérience 3D ; la joie d’avoir conscientisé cette sécurité et cette liberté, jusqu’alors insoupçonnées.

Toute ma vie, j’avais cru devoir faire pour être. Cette sensation m’a emmenée – je m’en rends compte – dans de nombreuses impasses. Suite à mon burn-out, mon corps et mon cerveau ne pouvaient plus faire. Je n’ai, par la suite, pas travaillé pendant un an. Je m’occupais de ma fille quotidiennement, tout en suivant l’enseignement de mes guides. Cet arrêt générait d’immenses peurs : je me sentais défaillante, comme si quelque chose ne tournait pas rond chez moi ; je me sentais perdre le contrôle ; j’avais peur de tomber dans un trou, peur d’être oubliée.

Après ce grand Réveil, il y a un an, j’ai enfin compris que je n’avais jamais rien fait – simplement parce que la personne que j’avais cru être n’avait, en fait, jamais existé.

La Vie s’amuse spontanément à travers cette illusion d’incarnation.

Mais, depuis quelques temps, en me replongeant pleinement dans l’histoire, je me surprends à nouveau à me questionner. C’est comme une compulsion à vouloir faire dans ce monde : un doux mélange de peurs associées au fait de « ne rien faire » et d’intuition profonde que quelque chose est en train de se mettre en place. Alors, je me demande : « Qu’est-ce que j’aimerais manifester dans ce monde ? C’est quoi, le truc prévu à l’intérieur de moi ? ».

Je réalise que – moi – je ne veux rien. Je n’ai plus de projets, plus d’ambitions, plus vraiment d’envies, à part celle de m’occuper de ma famille et de mon chez-moi. Seuls ces mots « mettre au service mon intensité » émergent, mais je ne sais pas comment. Cela prendra le temps nécessaire pour ne se révéler qu’à maturité.

Pendant un temps, je me sentais poussée à partager sur ce que je vivais. J’ai écrit un manuscrit sur mon long travail d’introspection, en quelques semaines ; c’était comme si je m’étais préparée toute ma vie à cela. J’ai passé cette dernière année à le retravailler et à le peaufiner. Je pensais que ma mission sur Terre était de témoigner par ce biais. Récemment, une gentille éditrice m’a répondu que ma vie n’intéressait personne. J’ai reçu cette réponse comme un véritable cadeau de la Vie qui m’encourageait à passer à autre chose.

Pendant cette dernière année, je m’amusais également à prendre le rôle d’enseignante à l’université. Je redécouvrais l’étude de la biologie sous un angle nouveau. Tout avait désormais tendance à m’émerveiller. Le contact avec les étudiants me mettait également régulièrement au défi de lâcher tous mes résidus de rigidité. Mais ces derniers temps, l’enthousiasme que je trouvais dans cette activité s’est également estompé.

Il n’y a effectivement rien à faire pour être car Être n’est ni dans ce monde, ni dans cette histoire. Être n’a pas de temporalité. Cela contient à la fois tout ; et en même temps, il ne se passe rien depuis Être. Il n’y a jamais rien eu de plus simple qu’Être.

Mais Être au monde, c’est ça que j’ai toujours trouvé compliqué.

Auparavant, je me serais dit que ça devrait être autrement – que je devrais être autrement. Cela aurait généré de la colère, de la frustration. Le mental, l’ego m’auraient tous deux emmenée dans des spirales sans fin. Et l’accumulation de la fatigue physique en aurait empiré leur emprise.

Désormais, c’est plus simple : j’observe tous ces élans émerger et retomber comme des soufflés ; je me laisse traverser par ces expériences inconfortables ; je me laisse guider par ces ressentis intérieurs qui m’indiquent le chemin. En me laissant porter par le courant, en ne me laissant enfermer par aucune idée arrêtée et en restant dans cet état d’accueil total, tout se fait de manière fluide.

Et dans cet abandon à « ce qui est », naît une incroyable liberté.

Petit à petit l’intérieur se transforme. L’extérieur n’étant que le reflet de l’intérieur, la félicité s’y propage – jusqu’à ce que l’un et l’autre ne fassent plus qu’un. Tout le superflu tombe, les résistances également, ainsi que la souffrance. La vie devient un jeu d’enfant, sans aucun enjeu.

Et c’est la seule manière de vivre qui soit réellement authentique.

1 Commentaire

  1. Marie-Christine BLANC

    Merci beaucoup pour ce temoignage. Je fais egalement partie de la catégorie des chercheurs qui ont toujours cru qu’il fallait faire, encore et encore…et ça fait du bien de lire encore une fois que ce n’est pas « utile » a moins d’etre dans un élan personnel, pleinement présent.
    L’editrice a tord en disant que votre pacours n’interesse personne. J’aimerai beaucoup lire ce manuscrit si c’est possible. Je n’ai pas trouvé de lien sur le site.
    Et clin d’oeil à ce propos : hier soir, j’ai regardé une émission à la TV ou Maud Ankaoua (Kilometre zero) était invitée. elle a eu une démarche un peu similaire et a, elle aussi, écrit son 1er livre « pour les amis ». aujourd’hui, il y a eu 8 millions de lecteurs 🙂
    Belle journée.

    Réponse

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