Dès l’enfance, je trouvais la vie morne et sans couleur. J’étais souvent prise d’un ennui existentiel, et je ne comprenais pas ce que je faisais là. À l’adolescence, ce malaise diffus s’est transformé en dépression. Là, du fond de mon puits de souffrance, j’ai commencé à me questionner sur le sens de mon existence. Je ne pouvais pas croire que la vie ne s’arrêtait qu’à ça. Je sentais qu’il y avait autre chose à aller excaver en moi ; et ce ne serait que par-là que j’accéderais au bonheur authentique – à cette Joie douce et profonde à laquelle mon cœur aspirait.
À cette époque, ma méthode consistait à m’investiguer par l’introspection ; j’écrivais sans relâche, comme pour me mettre à nu. Je voulais explorer – en moi – cette Vérité que je pressentais. J’ai ainsi produit de nombreux textes d’une profondeur qui me dépassait ; car je n’avais pas la confiance nécessaire pour mesurer la beauté de ce qu’ils me révélaient.
Cette incessante quête de soi m’a ensuite amenée à prendre le rôle de chercheuse en neurosciences. Par ce biais, j’espérais me comprendre à différents niveaux – psychologique, physiologique et cellulaire. Cette activité semblait faite pour moi ; si bien que je n’avais jamais l’impression de travailler. Au quotidien, je m’oubliais régulièrement dans des tâches minutieuses et répétitives. Je pouvais rester des semaines entières dans ma bulle de solitude, à ma paillasse ou à mon ordinateur. À travers mes résultats, je m’amusais à contempler l’infiniment petit, et à le contextualiser au sein de l’infiniment grand. Chaque jour, je m’exerçais à mon travail d’écriture, dans ce cadre méthodique et rigoureux. À force de patience et de persévérance, mes expériences m’amenaient à faire des découvertes : l’instant de pure exaltation que cela me procurait n’était comparable à aucun autre. C’était cela qui me nourrissait et me faisait continuer.
Il y avait bel et bien un sens à cette existence – une intelligence cachée derrière toute chose – et il ne tenait qu’à moi de le déchiffrer.
Depuis toute jeune, j’aspirais à un « ailleurs » et je rêvais d’aventure. Ce parcours académique m’en donnait enfin l’occasion ; je voyageais régulièrement pour assister à des conférences dans mon domaine de spécialité. Puis, à vingt-sept ans – mon diplôme de Docteur en poche – je suis finalement partie vivre aux États-Unis.
Là-bas, dans une solitude presque hors de ce monde, mon travail de recherche (aussi bien extérieur qu’intérieur) suivait naturellement son cours. Entre conscientisations profondes et périodes d’enracinement, j’ai fini par rencontrer mon âme sœur : cette personne que je semblais attendre depuis la nuit des temps. Dans ce contexte d’une grande simplicité, ma vie est devenue fluide et savoureuse. Mais le socle de paix n’était pas encore stabilisé ; et la joie que je vivais restait parfois menacée.
Après de longues années de travail acharné, mon activité de recherche scientifique s’est inéluctablement arrêtée. Je souffrais de stress post-traumatique post-partum complexe et d’épuisement professionnel dû au mauvais traitement de ma supérieure. Ainsi, la Vie m’encourageait à lâcher prise des enjeux de ce monde. Il était à nouveau temps pour moi de me tourner vers l’intérieur – uniquement – et de ne plus m’arrêter de creuser.
Dans un besoin intense de me libérer, je ne laissais plus aucune pierre retournée. Cet élan était désormais animé par la volonté de faire mieux pour ma fille, alors âgée de quelques mois. Sur cette fin de chemin, elle était devenue mon moteur principal – comme un guide de lumière dans les ténèbres qu’était cette incarnation sur Terre.
À trente-sept ans, Cela – que j’avais cherché toute ma vie – m’est enfin apparu comme une évidence. Cette Vérité que j’avais pressentie avait en fait toujours été – là, sous mon nez. Et désormais, je la voyais, je la vivais.
Cette véritable reconnexion au cœur m’a fait renouer avec la Joie qui me constitue. Et je ne souhaite qu’en témoigner.
Mes écrits sont donc destinés à ceux qui aiment les histoires ; ceux qui s’amusent à contempler l’impersonnel à travers le très personnel ; ceux qui cherchent sans savoir précisément quoi.

L’impersonnel et le très personnel… comme tu l’as écrit dans ton livre: le vertical et l’horizontale. L’arrière plan et l’avant plan.Le divin et l’humain. L’univers et la Terre.
Réaliser l’impersonnel: le fameux « il n’y a personne » séparé de la vie m’a rendu spectateur de ce monde pendant un an.
Je n’étais plus le corps mais le fameux Soi, l’espace-conscient la matrice de la vie, des choses, des éléments, le contenant des objets…
Il y a très peu de temps que je regoute a l’humain mais d’une autre perspective
Une douceur oubliée réapparaît. Mes rugosités me sautent au visage,éclairées par cette conscience qui n’est pas « quelqu’un »
J’ai envie d’apporter la plus grande délicatesse a ce monde car tout le monde revêt des carapaces solides pour se protéger
J’ai toujours la mienne, d’armure, mais elle est entrain de se fissurer pour dégouliner l’essence de qui je suis.
Et ce je suis c’est l’Humain qui s’est reconnu comme la conscience, l’esprit Infini qui est la substance de chaque Être, chaque nano parcelle de Vie
Bisous Marie