Chercheuse en Joie

Le partage

par | Fév 19, 2026 | Témoignage

Pendant longtemps, tout ce qui concernait les groupes communautaires, les clans familiaux, les réseaux sociaux, avait tendance à me rebuter. Je n’avais absolument aucune envie de recevoir de conseils, ni de suivre les règles de qui que ce soit. Je voulais au contraire faire fi des avis extérieurs, rester dans ma bulle et me créer ma propre religion. J’avais envie d’expérimenter la vie par moi-même et de faire mes choix sans me laisser influencer.

J’ai donc choisi un parcours de vie assez solitaire. Cela cachait peut-être une peur enfantine d’être incomprise ou rejetée. Je pense qu’une partie de moi ne se sentait pas adaptée à ce monde, du fait de mes antériorités. Je ne comprenais pas comment ça fonctionnait ici et cela m’attristait.

Et puis, sur la fin du chemin, j’ai redécouvert la joie de se rassembler, de communier. Après mon burn-out, du fond de mon trou, j’ai été interpellée par la gentillesse et la gaité de Pierre et Gérald – et surtout par leur humilité. À travers l’ashram du Cœur et ses satsangs, de loin – dans l’invisibilité et l’anonymat – je me connectais à toutes ces personnes qui confiaient leurs douleurs d’enfant. Je ressentais pour eux tant de compassion ; je leur envoyais ma douceur et ma tendresse, et priais pour leur libération. Et comme lorsque j’étais petite, ça faisait fondre mon cœur.

Un jour, prise d’une subite impulsion – contraire à mon caractère – je me suis lancée : j’ai moi aussi posé une question. Là, devant toute cette communauté, j’osais me montrer. À jamais, je deviendrai « la fille qui avait la mâchoire serrée et ne pouvait pas manger son petit déjeuner ». Finalement, ça n’avait rien d’effrayant ; c’était même plutôt amusant. C’était une nouvelle occasion pour moi de m’observer et de m’analyser.

Un an plus tard, Pierre me proposait de passer sur son émission des chemins d’unité. Ma première réaction a été : « Quoi ?! Mais je n’en suis pas là ! » ; mais parce que c’était Pierre, je ne pouvais que accepter. Et puis ça n’était qu’une nouvelle façon de faire ce que j’avais toujours aimé : décortiquer les étapes du chemin qui m’avaient amenée où j’en étais. C’était tellement naturel, tellement moi.

En réalité, nous devrions tous avoir notre passage sur les chemins d’unité, car toute histoire d’amour pour Soi mérite d’être contée. Et puis la Conscience adore se reconnaître elle-même dans ses propres histoires. Elle est amoureuse d’elle-même et ne se lasse jamais de s’admirer.

Après ce réveil de conscience, j’avais eu un fort élan de partager – mais je ne savais pas comment. J’essayais d’en parler avec quelques personnes de mon entourage et je sentais parfois un mur immense se dresser. J’ai attendu que le mental et l’ego en moi cessent de s’en mêler. Je devais trouver la voie d’expression qui me semblait adaptée, et surtout des personnes qui étaient réellement intéressées d’en discuter.

J’avais participé à des cercles de femmes près de chez moi, à Philadelphie, en espérant pouvoir parler de ce que je vivais – à savoir une immense joie et un amusement pour tout ce qui était. Mais les partages de ces femmes focalisaient plus sur les histoires du monde (e.g. angoisses pour l’avenir de ce pays, déceptions en la gent masculine) – tout cela me paraissait très « identifié ». Une part de moi avait envie de rire, et de leur montrer que tout était OK ! Mais lorsque c’était à mon tour de partager, ça n’avait pas du tout l’effet escompté. J’avais l’impression que l’on me regardait avec des yeux ronds : « Mais d’où elle sort celle-là ?! ». 

Même si je ne me sentais pas à ma place dans cette communauté, je me trouvais très inspirée. Je reconnaissais – en ces femmes – mon envie de ressourcement et de sororité. Cette expérience bancale m’a donné une idée : pourquoi ne pas créer moi-même des petits cercles en ligne, dans lesquels d’autres chercheurs spirituels – comme moi – pourraient déposer ce qu’ils veulent, témoigner, ou même juste papoter. Car le chemin spirituel peut être très isolant, et c’est parfois plus savoureux quand on a des copains avec qui le partager.

Mon passage sur l’émission de Pierre était, à nouveau, l’occasion de me lancer. En deux temps trois mouvements, un site tout simple s’était créé. Il me permettait à la fois de partager mon écriture et de faciliter les groupes de paroles auxquels j’aspirais.

Voilà, on en est là. Je n’ai aucune idée de la forme que ça prendra. Mais rien qu’à essayer – sans enjeux – j’y trouve déjà beaucoup de joie. Car j’ai toujours adoré les histoires, et ces cercles sont une nouvelle occasion de m’en délecter.

1 Commentaire

  1. Sylvie LANDAIS

    Merci bien pour ce partage sincère et simple. A bientôt

    Réponse

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