Chercheuse en Joie

L’humilité

par | Juin 23, 2026 | Silence

Faire preuve d’une fine intuition n’est pas réellement utile pour le monde – du moins pas dans le sens où on l’entend – si elle ne s’accompagne pas d’une grande dose d’humilité.

Par exemple, on peut dire à quelqu’un ses « quatre vérités » – et l’on peut avoir raison dans ses propos – mais si la personne qui reçoit le message n’est pas prête à l’entendre, ça n’aura pas le résultat escompté. Ça lui coupera l’herbe sous le pied. La vie peut s’amuser comme cela, bien sûr, mais ce sera simplement perçu comme dur, injuste ; ou ça restera sans effet.

S’être réveillé du rêve ne fait donc pas de soi un sage dans le rêve, ni même un être émotionnellement intelligent. La réelle sagesse n’est pas de posséder l’information mais de savoir quand/comment, ou même s’il y a vraiment besoin de la partager.

Si c’est l’ego qui s’en empare et qui l’utilise pour se protéger, pour se revigorer, pour se faire mousser, cela fera plus de mal que de bien. Un « mal » potentiellement utile ou nécessaire pour l’autre, mais non intelligent, non fluide – un acte forcé.

L’honnêteté peut être un vrai cadeau dans une relation ; c’est même l’une des formes d’amour des plus somptueuses qui existent au niveau humain. Mais seulement quand elle est accompagnée de compassion – et, surtout, d’humilité.

Si une situation ou une parole nous active ou nous interpelle, c’est que cela nous regarde – nous – pas l’autre. C’est donc vers soi que le regard devrait se tourner. Si le problème que l’autre rencontre ne nous active pas, c’est que cela ne nous concerne pas. À moins que notre aide ne soit explicitement demandée, il est donc généralement plus sain de tracer son chemin.

Si l’on veut se rendre réellement « utile » pour l’autre (et donc pour le monde) il faut apprendre à se taire et à ne parler qu’au moment opportun – sinon, on ne fera que le violenter.

C’est alors que le discernement entre en jeu ; cet art subtil, magnifique, silencieux, dont nous – la plupart des humains – sommes généralement dénués.

C’est donc là que réside la vraie intelligence, la bonté.

L’humilité de ne pas essayer de changer l’autre. De ne pas se prendre pour un protecteur, un sauveur, un guide ou même un « aidant ». Car l’amour ne circule jamais que dans un sens. L’humilité d’observer cette tendance en soi – de la reconnaître, de l’admettre.

Aimer l’autre intégralement, sans s’imaginer avoir tout compris, sans se croire subtilement supérieur. Travailler à l’accepter dans son entièreté – malgré les mécanismes de l’ego qui se jouent toujours en son sein, et qui s’observent facilement de là où l’on se tient. Le recevoir pleinement, malgré ce que l’on perçoit être une faiblesse ; malgré ses peurs, ses jugements et ses schémas inconscients. Observer sans faire de commentaires car on ne sait jamais mieux.

Se veiller soi-même, uniquement – à tout instant – et laisser la vie s’occuper du reste.

Car celui duquel l’on croit être séparé n’est en fait qu’un autre versant de soi ; et peu importe l’information que l’on croit posséder, cela ne nous appartient pas.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *